Programme pédagogique

Rapports sociaux de classe : modèles et concepts

  • Le mot « classe sociale » est rarement utilisé dans l’espace médiatique et le plus souvent considéré comme un vocable des siècles passés. Pourtant, les deux tiers des citoyens français considèrent que la lutte des classes est une réalité (IFOP-L’Humanité, 01/2013). Aujourd’hui, les classes populaires représentent la majorité absolue des salariés en France : un actif sur quatre est ouvrier (en majorité des hommes), rejoint par le groupe des employées (en majorité des femmes) et des précaires. Comment est-il possible que ce fait central soit manifestement minoré dans les discours et imaginaires ? Nous allons aborder les conceptions historiques et les conceptualisations actuelles des rapports sociaux de classe, afin de comprendre la différence entre prolétariat, classe ouvrière et salariat. L’exemple des usines Peugeot à Sochaux sera discuté de manière contradictoire et dialectique, à l’aide de différents auteurs sociologiques, et en présence d’un connaisseur des lieux. Les grands courants d’idée en science sociales seront exposés et nous serviront de fil rouge pour saisir la réalité des rapports de classe : l’analyse de classe de Karl Marx et des marxistes critiques ; la discussion sur la dynamique de classe de la société française à l’aube de Mai 68 (Pierre Naville versus Franz Fanon) ; la recherche sociale de l’École de Francfort (Sigfried Kracauer, Erich Fromm, Oskar Negt) ; la sociologie critique et l’ethnographie ouvrière (inspirés de Pierre Bourdieu) ; l’analyse de classe féministe et socialiste (Nancy Fraser).

Rapports sociaux de sexe : modèles et concepts

  • La critique féministe qui a émergé durant les années 1970 en lien avec un large mouvement social repose sur une théorie de l’oppression et de l’exploitation des femmes. Elle a pris corps dans un ensemble de travaux connus dans le monde francophone sous le nom de « féminisme matérialiste ». Ce dernier étudie les rapports entre les modes de production domestique et capitaliste, employant la méthode de Marx pour mettre au jour la division sexuée du travail et, plus largement, les rapports sociaux de sexe qui organisent la société. Le féminisme matérialiste a profondément remis en cause la naturalité de la catégorie même de sexe. Les théories féministes dites poststructuralistes l’ont rejoint sur ce point, durant les années 1990, en mettant l’accent sur les dimensions discursives de la construction du sexe. Les rapports entre ces deux écoles de pensée féministes ont été particulièrement tendus, notamment en raison de leurs fondations théoriques différentes. Ce cours propose de dégager certaines des principales tensions théoriques qui ont émergé entre les féminismes matérialiste et poststructuraliste afin de déplier l’espace de la critique du sexe dans toute sa densité.

Rapports sociaux de race : modèles et concepts

  • La dénaturalisation de la notion de « race » suffit-elle à saper son emprise sur le monde social ? L’étude des rapports sociaux peut-elle faire l’économie de la « race » ? À quelles conditions la notion de « race » peut-elle servir d’outil critique pour appréhender la permanence des inégalités racistes ? À partir de ce questionnement, ce cours propose d’explorer trois dimensions des rapports sociaux de race : 1) les enjeux épistémologiques d’un point de vue « subalterne » sur les processus sociaux, qui mettent en lumière la dimension politique de la production de connaissance ; 2) les modalités de formation d’une hégémonie blanche, qui s’exprime aussi bien sur le terrain culturel que politique et économique ; 3) enfin, les théories et pratiques de la lutte antiraciste, qui donnent à voir les dimensions stratégiques de la contestation du racisme systémique et ses différents plans.

Cultures alternatives et contre-cultures : modèles et concepts

  • Résumé (à venir)

Mouvements sociaux, médias et action collective

  • Le cours a pour objectif d’analyser les différentes dimensions de la relation entre médias, mouvements sociaux et action collective. Pour cela, il sera principalement fait appel aux théories de la sociologie des mouvements sociaux. L’approche est comparative et internationale : des exemples de l’Europe, de l’Amérique latine et du nord, du Moyen Orient, de l’Afrique, y seront abordés. L’évaluation consiste en un travail de recherche, développé tout au long du cours, demandant une enquête de terrain.

Médias alternatifs et mobilisations informationnelles

  • À partir d’une approche généalogique et socio-historique, l’objectif du cours est d’analyser les différentes formes adoptées par les mobilisations informationnelles et les enjeux politiques qui les traversent. Seront étudiés des cas de différentes régions du monde, Europe, mais aussi Amérique latine et du nord, du Moyen Orient et de l’Afrique, dans une perspective comparée. L’évaluation consiste en un travail de recherche, développé tout au long du cours, et demandant une enquête de terrain.

Luttes pour la reconnaissance et régimes de visibilité médiatiques

  • De l’espace public physique à l’espace médiatique, nous interrogerons les rapports entre la visibilité et la reconnaissance sociale, au travers des concepts de « lutte pour la reconnaissance », « d’invisibilité sociale » et de « contre-visualité ». Des études de cas nous permettront d’examiner les récits, symboles et dispositifs visuels mis en place par les acteurs marginalisés, ainsi que les opérations de cadrage établies par les acteurs médiatiques, pour saisir la tension entre les mouvements sociaux, les minorités – mobilisées ou non – et leur visibilité.

Participation citoyenne et médias numériques

  • Le cours ambitionne de dénaturaliser la promesse émancipatrice d’un Web participatif, supposément horizontal et démocratique, pour en montrer les lignes de partage et les frontières hiérarchiques persistantes. En partant des racines politiques de la participation, il propose d’explorer les dispositifs qui organisent la participation en ligne, les acteurs légitimes qui s’en saisissent, les pratiques effectives qui s’y déploient, afin de discuter la notion d’« empowerment » et de replacer les médias dits « participatifs » au sein des rapports sociaux qui les configurent. En révélant les luttes symboliques qui sous-tendent l’exercice d’une citoyenneté participative, il s’agit ainsi de prendre en compte les intérêts réels de la participation, depuis les institutions qui la promeuvent, jusqu’aux usagers qui s’y adonnent – ou s’y soumettent.

Épistémologie de la critique

  • Le cours a pour principal objectif de préciser ce qu’il est convenu de qualifier d’« approches », de « pensées », de « perspectives » ou encore de « théories » critiques. Il s’agit notamment d’en spécifier les principaux traits épistémologiques (normativité, dialectique, réflexivité, engagement, etc.). L’ambition du cours n’est pas d’établir un catalogue systématique des nécessités et des vertus de « la critique », mais d’en offrir un échantillon singulier permettant de débattre de quelques-uns de ses aspects parmi les plus importants.

Le concept d’idéologie : relectures critiques, enjeux empiriques

  • Aujourd’hui largement galvaudé, le terme d’« idéologie » a pratiquement été vidé de toute sa substance de concept critique. L’objectif de ce cours est de réinterroger de manière critique ce concept important, à travers le prisme de son rapport à la culture. Partant de l’essai historique de Marx et Engels sur l’Idéologie allemande, le cours s’articule autour de la lecture et la discussion hebdomadaire de textes et d’auteurs comme Georg Lukács, Theodor Adorno, Herbert Marcuse, Raymond Williams ou Fredric Jameson. Chaque séance de cours sera divisée en deux parties, entre une partie « cours magistral » et un atelier de lecture des textes. La lecture des textes devra être préparée durant la semaine précédant la séance où le texte sera étudié.

Classe, race, genre : épistémologie comparée

  • Résumé (à venir)

Méthodologie de la recherche en sciences sociales

  • Le cours aborde la question de la construction des faits scientifiques en sciences sociales. Sa vocation est donc de faire comprendre pratiquement la manière dont on doit construire une recherche. Il s’agit d’acculturer les étudiant.e.s aux principales règles de construction d’une recherche en sciences sociales, dans le cadre spécifique de la réalisation d’un mémoire : comment, en partant d’un thème initial, construire un véritable objet d’études sociologique ? Qu’est-ce qu’une problématique ? Comment formuler une question de recherche à l’origine d’investigation empirique ? Comment définir des hypothèses ? Comment mettre en œuvre des appareils de preuve appropriés ?

Formation à la recherche : organisation d’un évènement scientifique

  • Cet EC consiste en l’organisation d’un événement scientifique, cycle de conférences (6 séances de 2h) ou journée d’étude, laissée à la libre appréciation de la promotion du master « Médias et rapports de classe, race, genre ». Le choix de la thématique de cet événement, ainsi que sa préparation, font l’objet d’un travail collectif encadré par l’enseignante. Concrétisée par la réalisation, la promotion et la valorisation d’un séminaire, cette modalité pratique de formation à la recherche vise à articuler les savoirs théoriques aux modalités concrètes du travail scientifique, d’une part ; et à mettre au travail la richesse des enseignements dispensés dans le master et notamment, l’approche interdisciplinaire qui y est défendue, d’autre part.

Atelier de suivi méthodologique

  • Cet atelier animé par le ou la directeur-rice de recherche accompagne la réalisation du mémoire.