Enjeux majeurs : Les libertés fondamentales et le numérique


Un numérique sans limite : quelle place pour l’individu ?

Le 9 Mars 2021 s’est tenue, auprès de la promotion de M2 de Communication numérique et conduite de projets, une e-conférence portant sur les libertés fondamentales et le numérique. À cette occasion, Bastien Le Querrec, doctorant en droit et membre de la Quadrature du Net, est intervenu sur plusieurs sujets de fond autour de ces questions. Parmi les valeurs défendues par l’association, on retrouve des propositions d’émancipation des individus vis à vis de l’État ou des grandes entreprises, la promotion d’un internet décentralisé, non censuré, etc. Ces convictions s’étendent aujourd’hui au-delà des écrans avec l’expansion des technologies du numérique vers des projets de « smart cities ».

En 2021, 8 emplois sur 10 ont attrait au numérique sur le marché du travail. Les opportunités dans le domaine de la tech se multiplient, avec toujours plus de nouvelles filières : Blockchain, IoT, IA, etc. Alors que tous les secteurs s’inventent ou se réinventent -d’autant plus des suites de la crise sanitaire de la Covid-19- autour et par le numérique, quelle place pour notre consommation ? Les pratiques et techniques en matière de digitalisation évoluent plus vite que ne se réforment nos textes de lois et nos méthodes de protection des individus. Elles évoluent parfois même plus vite que notre capacité individuelle à nous adapter à la nouveauté et prendre des habitudes.

Mais au-delà de la question de la « fracture » générationnelle que peut représenter la constante révolution des technologies numériques se pose celle de l’accumulation permanente, du stockage et du traitement des données en circulation. Les sociétés de Big Data sont cotées en bourse, les données personnelles des utilisateurs de grandes plateformes privées sont revendues aux annonceurs, les projets permis par cette évolution exponentielle de la data se multiplient.

Dans ce dossier, nous proposons 3 articles pour dresser l’état des lieux actuel et poser les questions éventuelles qui en découlent. À travers 3 thématiques, nous avons tenté de regrouper les informations nécessaires à dresser le portrait de la problématique liée aux droits fondamentaux du et dans le numérique : L’exploitation de nos données permet d’améliorer en continu les services qui nous sont proposés. Elle possède une valeur économique considérable et constitue même la base de l’économie numérique moderne. Pourtant, l’encadrement de cette économie (qui se resserre en France et en UE) présente encore des contours flous.

3 articles autour de la question des libertés fondamentales et du numérique

1 - Quel futur pour nos données personnelles ?

L’utilisation des données personnelles sur internet représente une réelle économie pour les entreprises qui y ont accès sans que les utilisateurs n’aient toujours accès à ce qui est fait de leurs données parfois sensibles et très intimes. L’utilisation, l’accès et la revente de données peut avoir de lourdes conséquences sur la vie des utilisateurs et le maintien de la démocratie. Des régulations sont proposées par les gouvernements mais leur application est difficile et parfois très couteuse aux géants de l’industrie digitale. 

Par Giovanna Ramos

2 - Villes connectées : Mon monde fait de données

Une nouvelle décennie a commencé et, Covid-19 mis à part, elle est marquée par la multiplication des projets de quartier connectés. Si la ville d’Issy-les-Moulineaux se lance après avoir obtenu l’accord de la CNIL, les projets outre Atlantique comme celui envisagé par Toronto et confié à Sidewalk Labs ne sont pas soumis au RGPD. À long-terme, ces projets pourraient s’étendre aux villes entières, et s’agencer avec nos objets connectés. Pour mieux comprendre l’enjeux de tels projets, je vous invite à vous projeter avec moi dans le quotidien que m’offrirait cette ville.

Par Agathe Chataigner

3 - Discours numériques : Que peut-on dire sur internet ?

Notre façon de communiquer n’a peut-être pas profondément changé, mais nos moyens de le faire se sont multipliés et avec eux nos interlocuteurs. Afin de réguler ces échanges, un certain nombre de réglementations et d’actions existent (sanctions, filtres ou encore modération). Ces systèmes sont-ils toujours justes ? Si la majorité des contenus supprimés sont des Spams, une question se pose toujours et persiste autour de ce qu’il est autorisé de partager ou non et les manières dont les choix de suppression sont faits. Ces espaces « publics » régis par des entités privées font l’objet de réflexions importantes autour des législations en vigueur au sujet de la parole sur internet.

Par Chloé Thevret

Webographie

Envie d’aller plus loin ? Cette webographie présente dix articles en ligne pour explorer l’essentiel des enjeux mis en lumière dans ce dossier.