Cours thém : "Les publ. média. »ou« Journ. polit. et nouv. médias »


Cours fondamental thématique

Spécialisation « médias et médiatisation » - L2

1 cours est à choisir au S4 entre les deux proposés :

 

Journalisme politique et nouveaux médias

Cours assuré par Aurélie Tavernier

 

Ce cours propose d’étudier la production de l’information politique et d’en analyser les évolutions, depuis la production de l’actualité dans les « Pages Politiques » de la presse écrite, jusqu’aux mutations à l’œuvre dans les médias numériques.

La première partie du cours montrera l’interdépendance des champs politique et médiatique : cette configuration détermine la production de l’information politique, aussi bien du point de vue des journalistes spécialisés en « politique », que des acteurs politiques confrontés à la médiatisation de leur activité. Seront ainsi étudiés : les enjeux professionnels qui placent les journalistes et les politiques en situation d’« associés-rivaux » ; l’évolution du traitement de l’information politique dans la presse généraliste (dépolitisation, appétence pour les « jeux » politiques au détriment des « enjeux », distanciation critique des journalistes par rapport au personnel politique...) ; la place grandissante accordée dans l’activité politique aux enjeux de la médiatisation (poids de la communication politique, maîtrise des agendas et des dispositifs de communication, compétition interne au champ politique exacerbant les enjeux de la médiatisation...).

Dans une deuxième partie, nous étudierons certains dispositifs numériques de l’information politique, afin de montrer comment ils prolongent, ou renouvellent, ces déterminants et ces interactions. Nous nous intéresserons tout particulièrement aux initiatives de « désintox » ou de « décodage » de l’activité politique, mises en œuvre par les journalistes : ces dispositifs s’inscrivent dans les stratégies de distanciation des journalistes vis-à-vis du personnel politique. Mais elles s’effectuent en parallèle des stratégies de contournement des journalistes, mises en œuvre par les politiques, notamment sur les réseaux sociaux (échanges directs avec les citoyens, blogs, Twitter, Facebook, Instagram, et même Périscope...). Il s’agit alors de comprendre l’évolution des pratiques de coopération et des stratégies d’autonomisation que les journalistes et les politiques déploient, respectivement et réciproquement, dans la co-construction de l’information politique.

 

Bibliographie indicative  :

 

- Bourdieu, Pierre, 1981 "La représentation politique. Éléments pour une théorie du champ politique". Actes de la recherche en sciences sociales, Vol. 36, 1 : pp. 3-24.

URL : http://www.persee.fr/doc/arss_0335-5322_1981_num_36_1_2105

 

- Férenczi, Thomas, 2007. « Le double visage du journalisme politique ». Le journalisme [Chapitre 2], Paris, PUF coll. "Que Sais-Je" : pp.23-38.

 

- Kaciaf, Nicolas, 2013. Les pages « politique ». Histoire du journalisme politique dans la presse française (1945-2006).

Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. "Res Publica".

 

- Mercier, Arnaud et Pignard-Cheynel, Nathalie, 2014. « Mutations du journalisme à l’ère du numérique : un état des travaux ». Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 5. 

URL : http://rfsic.revues.org/1097

 

 

Ou

 

Les publics médiatiques

Cours assuré par Aurélie Aubert

 

Qui sont les lecteurs pour lesquels écrivent les journalistes ? Comment sont-ils perçus par la sphère journalistique ? Comment calcule-t-on les taux d’audience d’une émission de télévision ? Quels sont les enjeux du live tweet pour les chaînes de télévision ? Qu’est-ce que le journalisme participatif ? repose-t-il véritablement sur la participation des publics amateurs ?

Dans ce cours thématique, le sujet des médias et de la médiatisation est abordé du côté des publics. L’approche historique et sociologique de cette notion permet tout d’abord de rappeler qu’avant d’être médiatiques, les publics se sont constitués autour de sujets littéraires puis politiques, ce qui explique qu’ils ont pu apparaître comme dangereux à la fin du XIX° siècle.

Puis, la nécessité de quantifier les lecteurs, les auditeurs, les spectateurs des médias de masse a conduit à mettre en place des mesures d’audience complexes dont nous montrerons les enjeux et les limites. Face à ces mesures qui laissent dans l’ombre les goûts et pensées du public, nous présenterons les recherches qualitatives menées depuis les années 1960, permettant de cerner les rapports des individus avec leurs médias, les appropriations et mises à distance des programmes, notamment.

Enfin, la dernière partie du cours s’intéressera aux phénomènes interactifs incitant à une participation toujours plus accrue des publics (live tweet, commentaires en lignes, fans fictions par exemple) pour lesquels nous chercherons à savoir si ces participations sont effectivement prises en compte par la sphère médiatique.

 

Bibliographie indicative :

Esquenazi Jean-Pierre, Sociologie des publics, La Découverte, 2003.

Le Grignou Brigitte, Du côté du public, usages et réceptions de la télévision, Economica, 2003.

Méadel Cécile (dir.), La Réception, Les Essentiels d’Hermès, CNRS éditions, 2009

Aubert Aurélie et Froissart Pascal, « Les publics de l’information », Revue Française des Sciences de l’information et de la communication, n°5/2014. En ligne : http://rfsic.revues.org/1121

Une bibliographie complète ainsi qu’une brochure de textes polycopiés seront distribuées en cours.