Parcours « Créations audiovisuelles »

Le parcours propose d’accompagner les étudiants dans la pratique et la découverte des enjeux de l’écriture scénaristique pour l’industrie culturelle dite de flux : séries, téléréalités, talk-shows, jeux de plateau, jeux en ligne, documentaires et webdocumentaires, web séries, animation, voire écriture publicitaire. Pour y prétendre, les étudiants doivent avoir manifesté un goût ancien et ancré pour l’écriture. Tout en les aidant à travailler leur créativité, la formation aura aussi pour but d’initier les étudiants aux enjeux et pratiques des industries créatives actuelles par des rencontres avec des professionnels notamment.

Enseignements proposés dans cette spécialisation :

  • Problématiques du champ professionnel de l’écriture audiovisuelle (semestre 2)
  • Histoire des écritures sérielles (4 ECTS)
  • Observer, comprendre, évaluer les scénarisations audiovisuelles et multimédia (semestre 3)
  • Atelier de spécialisation « Écrire pour la télévision » (Semestre 3)
  • Cours thématique : « Séries » (Semestre 4)
  • Création et développement d’un projet audiovisuel (Semestre 4)
  • Atelier de spécialisation « Web documentaire et web série » (Semestre 4)
  • Projet tuteuré (Semestre 5)
  • Méthodes de promotion d’un produit sériel (Semestre 5)
  • Atelier de spécialisation « Écriture transmédia » (Semestre 5)

Détail des enseignements

Problématiques du champ professionnel de l’écriture audiovisuelle

Ce cours vise à poser les bases et problématiques de l’écriture audiovisuelle. Intégrée dans le champs particulier des industries culturelles, l’écriture audio-visuelle est confrontée aujourd’hui à de nombreux défis : nouveaux supports (ordinateurs, tablettes, smartphone...), nouveaux modèle économiques (nouveaux acteurs OTT comme Netflix ou Amazon...), nouveaux modes de diffusion (replay, streaming...), nouvelles écritures (360°, transmedia, intéractivité...), nouvelles pratiques (nouveaux usages des utilisateurs, convergence des nouveaux médias, immersion...)... Jamais le tempo de l’innovation n’aura atteint un tel niveau, ni eu un tel impact. Comment suivre et intégrer ce tempo sans renier l’expérience et l’expertise du passé en terme de narration, d’histoire et de discours ? Références bibliographiques indicatives : — J. Mittell : Complex TV : The Poetics of Contemporary Television Storytelling, Édition NYU Press, 2015 — M.L Ryan : Frontière de la fiction : digitale ou analogique ?, 2004 — H. Jenkins, A. Colin : La culture de la convergence, Éditeur : Armand Colin 2013 — R. Barthes : Essai sur Sarrasine d’Honoré de Balzac, Éditions du Seuil, 1970 — C. Alberto Scolari Université de Vic Catalunya, Espagne Transmedia Storytelling:Implicit Consumers, Narrative Worlds, and Branding in Contemporary Media Production Édition Journal of communication, 2009

Histoire des écritures sérielles

Ce cours a vocation à comprendre les mécanismes de production et de diffusion des produits sériels populaires que sont les romans-feuilletons, les feuilletons télévisés à partir des années 1950 et aujourd’hui les séries. Le cours adopte une perspective historique – depuis le XIX° siècle jusqu’à nos jours – et montre comment le feuilleton qui s’inscrit dans l’histoire des industries culturelles donne aussi accès à l’histoire des idéologies et des modes de représentation. L’histoire du feuilleton permet en effet d’explorer les mutations culturelles d’un pays, d’une population, d’une époque ainsi que les reflets d’un imaginaire national. C’est aussi l’occasion de s’interroger sur les transformations de professions comme celle de scénariste. Le cours aborde la question des fictions populaires selon plusieurs angles : celui du genre, celui des différentes aires géographiques où la production de fictions populaires sérielles est ancrée (le Japon pour le manga, les États-Unis ou la Turquie pour les séries télévisées, par exemple). Enfin, les mutations de la diffusion avec le web seront également traitées, afin de se demander si celles-ci affectent les modes de narration. Références bibliographiques indicatives : — J.P Esquenazi, Les séries télévisées, l’avenir du cinéma, Armand Colin, 2° édition, 2014 — D. Pasquier, Les scénaristes et la télévision, approche sociologique, Nathan, INA, 1995 — L. Queffelec, Le roman feuilleton français au XIX° siècle, PUF, coll. QSJ, 1989 — S. Sépulchre (dir.), Décoder les séries télévisées, De Boeck, 2011 A.M. Thiesse, Le roman du quotidien, Seuil, coll. Points, 2000

Observer, comprendre, évaluer les scénarisations audiovisuelles et multimédia

Après un bref rappel de l’histoire des médias et de leur évolution, nous appréhenderons la scénarisation, nous comprendrons les grands principes de la dramaturgie et ses caractéristiques fondamentales. Nous analyserons alors à partir de cas pratiques (articles de presse écrite, émissions de radio, séries télévisuelles, marketing social, publicité) comment s’opère la scénarisation médiatique et quels sont ses effets. Seront étudiées ici toutes les déclinaisons des outils scénaristiques et leur application aux médias. L’évaluation : L’évaluation en contrôle continu portera sur un travail d’exposé, puis d’analyse d’un cas de scénarisation. Enfin les étudiants devront produire un projet « scénarisé » sur un support de leur choix. (radio, marketing social filmé, ou article de presse écrite). BIBLIOGRAPHIE : — M. Chion, Écrire un scénario, Paris, Cahiers du cinéma-INA, 2012 — Collectif (préface Laurent Joffrin, Libération Portraits 1994-2009, 2010 — G.Delavaud, L’art de la télévision, Bruxelles, 2005 — J. Gabzewicz, N.Sonnac, L’industrie des médias à l’ère numérique, Paris, Éd. La Découverte, 2010 — G. Genette, Figures V, Paris, Le Seuil, 2002 — V.Jeanne-Perrier, « Les portraits mis au net », Communication et Langage, N°152, Paris, 2007. — Y.Lavandier, La dramaturgie, Paris, Éd. Le Clown et l’Enfant, 1997 — F. Vannoye, Récit écrit, récit filmique, Paris, Nathan, 1998

Atelier « Écrire pour la télévision »

Comment écrire pour la télévision ? Créer du flux, attirer et retenir l’attention - du synopsis au script - les clés d’une bonne scénarisation.

Cours thématique « Séries télévisées : promesse, contrat, programme ? »

L’étude des incipits est un classique des analyses littéraires. Ils exposent le style et le projet littéraire de l’auteur, et leur écriture reflète l’intention de l’auteur et la visée du roman, alors que d’autres choix d’extraits peuvent paraître arbitraires. L’incipit pose le traitement du temps : narration et contenu sont-ils en relation de simultanéité, ou en décalage ? Il pose le traitement des lieux : où sommes-nous, pouvons-nous l’identifier ? Il pose le traitement des personnages : objectif, psychologique ? Il pose le point de vue : y a-t-il un narrateur, quel est le type de focalisation ? Les séries télévisées impliquent les mêmes types de choix narratifs, devant, non seulement, poser leur contrat de lecture et d’écriture, mais aussi capter l’attention des spectateurs pour continuer à être produites. Certaines séries exposent l’ensemble des lignes narratives qui seront suivies, ainsi que leurs principes de variation et de répétition, dès les premières séquences du pilote, comme Six Feet Under. La séquence introductive peut construire une suspension particulière du temps, et introduire le narrateur, comme Desperate Housewives. Dans ces séries, l’épilogue marque la reprise du temps resté suspendu durant le temps de leur narration. Les premiers plans, et le générique, doivent également permettre au spectateur de rentrer dans la fiction, de vibrer au rythme des événements racontés. Cette mise en phase peut être très courte, ou au contraire, occuper une grande partie du programme, notamment dans le cas des séries pour enfants. Les débuts d’une série doivent donc répondre à des objectifs multiples : mettre en place un ensemble de contraintes d’écritures, un système de répétition et de variation, proposer l’adhésion à un contrat de lecture, forcer le début d’un engagement pour le spectateur, fixer la possibilité d’un regard en commun et de communautés de vision. Leur étude permet donc d’appréhender simultanément des questions esthétiques et des questions narratives, voire des questions de production et de réception.

Création et développement d’un projet audiovisuel

Ce cours propose de travailler sur le suivi des trois étapes du cycle de vie de la création d’un projet audiovisuel, du développement, à la diffusion en passant par la production.

Atelier de spécialisation "Transmédias"

Ce cours a deux volets, théorique et pratique. Côté théorique, il aborde la notion de transmédia : « processus dans lequel les éléments d’une fiction sont dispersés sur diverses plateformes médiatiques dans le but de créer une expérience de divertissement coordonnée et unifiée ». Soit un procédé narratif qui intègre : un univers cohérent et infini, du participatif, de l’immersif, de l’expérience, de l’interaction et du multi-média. Côté pratique, ce cours a pour objet de développer un projet fictionnel transmédia sur trois réseaux sociaux : Instagram, Facebook et Twitter

Méthodes de promotion d’un produit audiovisuel

Ce cours a pour objet d’explorer plusieurs notions : du marketing culturel à la promotion d’un produit culturel « audiovisuel ». Il pose les bases du mix culturel et ses concepts associés comme ceux de profils culturels, de produits reproductibles ou non reproductibles ou comment culture et marché peuvent cohabiter. Il aborde les techniques spécifiques à la promotion culturelle -storytelling, gamification, interactivité - et tous les procédés narratifs, participatifs et immersifs associés. Enfin il traite des principaux supports médiatiques utilisés : presse, web et événementiel.

Atelier de spécialisation « Webdocs et webséries »

Ce cours est scindé en deux parties : web fiction et web documentaire. Deux écritures distinctes pour un même support. La partie web doc permet d’explorer une notion d’écriture décomposée et multi-média -image fixe et vidéo, narration linéaire et non-linéaire. La partie web fiction permet d’intégrer les notions scénaristiques traditionnelles et sérielles en formats courts : 1 à 2 minutes au plus court, 10 minutes au plus long comme dans le genre émergent du 10x10 sur smartphone (10 épisodes de 10 minutes). Dans les deux cas, ce cours donne lieu à des réalisations concrètes : séquencier, bibles sérielles, écriture ou réalisation et montage d’un épisode ou d’un trailer...

Projet tuteuré du parcours "Créations audiovisuelles"

Objectifs : Le développement d’un projet tuteuré dans le parcours « Créations audiovisuelles » doit impliquer un acteur professionnel (chaîne de télévision ou chaîne web), une structure (maison de production, diffuseur), ou tout acteur désireux de s’engager dans une démarche de storytelling (entreprise, institution, structure associative ou culturelle). Il s’agit de proposer à ce partenaire un projet de contenu -avec trame narrative- utile à son évolution et à sa différentiation, en lui apportant une approche originale et adaptée, fondée sur une analyse stratégique précise et argumentée des enjeux, contraintes, perspectives de développement liés à son activité : un besoin de communication s’il s’agit de storytelling, un besoin de création de contenu et de flux s’il s’agit d’un acteur professionnel ou d’une structure. Quelques exemples : Une campagne de publicité basée sur une structure narrative ; une campagne de promotion scénarisée ; une série transmédia pour une chaîne de TV ou une chaîne web ; un web documentaire pour un site d’information ; un unitaire ou une émission de divertissement pour une maison de production.